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La forêt lui a appris à lâcher-prise

Writer: graziellaboggiano
graziellaboggiano
Aug 14
3 min read

Updated: Sep 2

Elle marchait depuis longtemps. Sans vraiment savoir où elle allait, mais avec cette sensation persistante qu’elle devait avancer, trouver, comprendre.

Ses pensées tournaient en boucle, comme si une réponse lui échappait encore.

Ce matin-là, elle entra dans la forêt. Au début, elle continua comme à son habitude : d’un pas rapide, attentive à ne pas se perdre, cherchant un chemin clair, une direction précise.

Mais très vite, les sentiers devinrent flous. Les repères se firent plus rares…Et quelque chose en elle commença à s’agiter.


Alors elle accéléra. Comme si marcher plus vite allait l’aider à sortir de là. Mais plus elle avançait, plus la forêt semblait s’épaissir. Fatiguée, elle finit par s’arrêter pour la première fois depuis longtemps.


C’est là qu’elle la vit.

Une femme se tenait à quelques pas, presque immobile. Elle semblait faire partie de la forêt elle-même — comme si les arbres, le vent et la lumière s’étaient rassemblés en elle.

— Tu cherches ton chemin ? demanda-t-elle doucement.

Elle hésita. Puis répondit :


— Oui… je crois. Mais plus j’avance, plus je me perds.


La femme sourit, sans répondre tout de suite.


— Et si ce n’était pas la forêt qui te perdait… mais ce que tu refuses de lâcher ?


Un silence s’installa.


Des larmes ruisselèrent sur ses joues. Elle sentit ses

mains se crisper sans vraiment savoir pourquoi.

— Regarde, dit la femme.

Elle ouvrit lentement ses mains.


Elle réalisa alors qu’elle tenait… sans même s’en rendre compte des pensées, des attentes, des peurs. Tout ce qu’elle essayait de maîtriser depuis si longtemps.


— Tu peux continuer à tenir, murmura la femme. Mais tu peux aussi essayer autre chose.

— Mais si je lâche… je vais me perdre, répondit-elle.


La femme secoua doucement la tête.


— Ou peut-être te retrouver.


Elle resta là, un moment.


Entre deux élans. Entre deux façons d’être.


Puis, presque sans s’en apercevoir, ses doigts se desserrèrent. Rien de spectaculaire. Juste un léger relâchement.


Et quelque chose changea.


La forêt était toujours là.

Mais elle ne semblait plus hostile.

Les sons devenaient plus clairs.

Sa respiration, plus profonde.

Quand elle releva les yeux, la femme avait disparu.


Elle resta encore un instant immobile et pose sa main sur son cœur en signe de remerciement. Puis elle reprit sa marche.


Pas plus vite.

Pas plus sûre.

Mais autrement.

Et pour la première fois, elle n’essayait plus de contrôler le chemin.


Elle avançait avec lui.



Le meilleur cadeau : se foutre la paix !


Le lâcher-prise commence par une forme d’humilité :reconnaître que nous ne contrôlons pas tout.


C’est aussi faire confiance à la vie... et surtout à soi-même.


Lâcher prise, c’est revenir au présent, à l’instant. Le passé est derrière nous, et demain reste incertain, malgré toutes nos projections.


À l’inverse, ne pas lâcher prise est souvent une forme de surprotection, pour éviter la peur et l’incertitude.


Alors, comment faire ?

Il n’existe pas de recette miracle. Mais lorsque vous identifiez ces moments, faites une pause et posez-vous cette question : Ai-je le pouvoir de changer cette situation ?

Si oui, agissez.

Si non, acceptez que tout ne dépende pas de vous.


Exemple :

Lorsque nous faisons nos courses, les grandes surfaces proposent souvent des offres du type “1+1 gratuit”.

Mais en y regardant de plus près, l’article offert est presque toujours le moins cher.

Vous pouvez contester... mais on vous répondra simplement : “c’est comme ça.”


Autre exemple :

Vous devez obtenir un visa pour le Canada. Après vos recherches, vous êtes convaincu·e que le prix est de 7$CAN.

Vous arrivez sur un site officiel, remplissez votre demande... et, au moment de payer, on vous demande 95 €.

Vous doutez, mais vous payez quand même.

Plus tard, vous apprenez que le tarif correct était bien de 7 $CAN.

La frustration monte. Vous envoyez des mails, vous appelez, vous insistez...

Mais la réponse est sans appel : aucun remboursement possible.


Alors vous ruminez.

Le corps réagit : tension, agitation, fatigue, palpitations...

Et pourtant, rien ne change.


STOP.

On s’arrête.

On respire.

Et on accepte ce qui ne peut plus être modifié.


Il ne s’agit pas de résignation, mais de discernement : avoir la sérénité d’accepter ce que l’on ne peut pas changer, le courage d’agir sur ce qui dépend de nous, et la sagesse de faire la différence.


Rappelez-vous : vous avez fait du mieux que vous pouviez.

Et c’est déjà suffisant.


Être parfaitement imparfait·e, c’est aussi ça, lâcher prise.

 
 
 

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